Time out, une perte de temps ?

Le nom d’Andrew Niccol accolé à un projet est très souvent un gage de qualité. Scénariste du Truman Show, on lui doit aussi l’un des derniers films dans lequel Nicolas Cage était encore bon – Lord of War, et l’excellent Bienvenue à Gattaca, pour moi un classique du film d’anticipation.

Son dernier opus, Time out (In Time en V.O.), renoue avec le genre mais, comparé à ses précédents films, déçoit.

Sur le papier, Time out avait pourtant de quoi faire un vrai bon film de SF. Un concept assez original plein de possibilités : dans une société où le temps a remplacé l’argent, les hommes cessent de vieillir dès qu’ils atteignent le bel âge de 25 ans. A partir de là, un compte à rebours lumineux et vert façon radio réveil apparaît sur leur avant bras et leur rappelle le temps qu’il leur reste à vivre : un an. Et comme le temps c’est de l’argent, les riches peuvent rajouter à leur crédit autant de temps qu’ils veulent et vivre quasi éternellement, tandis que les pauvres en sont réduits à gagner du temps en mendiant, volant ou troquant de précieuses minutes : « live for ever or die trying », comme c’est bien résumé sur l’affiche américaine.

The clock is ticking

Ça, c’est que Niccol nous décrit très bien dans la première partie du film qui nous montre comment on vit (et on meurt) dans un « ghetto » où tout le monde manque de temps. Le problème, c’est ce qui aurait pu constituer une parabole intéressante sur les dérives de notre société -obsession pour la jeunesse, inégalités et sous-texte sur la lutte des classes et les dérives du capitalisme tout puissant – ne fait qu’être effleuré dans les 30 premières minutes pour laisser là place à un film d’action des plus banals.

Héros du film dont j’ai oublié le nom, Justin Timberlake est un mec du ghetto (cherchez l’erreur). Il fait la rencontre d’un très beau type richissime (comprendre avec des tonnes d’années sur le bras) qui, las, décide de mettre fin à ces jours et lui lègue gentiment une bonne centaine de milliers d’années avant de laisser couler ses dernières secondes du haut d’un pont (plouf). Justin décide alors de rejoindre les gens de la haute, parce que se balader avec un paquet d’années sous le bras dans le ghetto équivaut à tenter de traverser entier une autoroute à pied.

cours Forrest, cours

Notre nouveau riche profite donc de son nouveau statut, s’achète une belle caisse, bouffe dans un 4 étoiles, et fait la rencontre d’une belle jeune fille à perruque (Amanda Seyfried, la fille de Meryl Streep dans Mamma Mia, inexpressive de bout en bout). Accusé de meurtre, il prend la donzelle en otage pour s’échapper. S’ensuit une love story attendue, des courses poursuites incessantes et une version high tech de Bonnie and Clyde souffrant d’un manque d’originalité criant. On a l’impression que le génial Cillian Murphy, dans le rôle du flic (timekeeper) qui traque les deux fugitifs, a lui-même l’impression de se demander ce qu’il fait là…

Cillian s'ennuie

Malgré une réalisation soignée et quelques très bonnes idées, le film souffre malheureusement de la comparaison avec ce que le scénariste-réalisateur a pu faire par le passé, Gattaca en tête. Avec Time out, Andrew Niccol nous offre un film d’action efficace et sans temps mort mais bancal. La faute à un bon sujet sous-exploité, un scénario classique à défaut d’être brillant, et un casting glamour mais pas vraiment très excitant.

Une belle déception.

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