Critique : « L’amour dure trois ans »

"écrit au lipstick"

On m’a un peu traîné par les pieds pour aller voir « L’amour dure trois ans », l’adaptation d’un des premiers romans d’inspiration autobiographique de Frédéric Beigbeder par lui-même. N’étant pas un grand fan du personnage, et plus que sceptique vis-à-vis des écrivains qui s’improvisent cinéastes en s’auto-adaptant (ex. Bernard Werber, Eric-Emmanuel Schmitt), je m’attendais au pire… Et pourtant, je dois avouer que j’ai été plutôt séduit par cette comédie romantique que le chroniqueur mondain/critique littéraire/auteur/présentateur télé présente lui-même comme « le meilleur film de Frédéric Beigbeder ». C’est aussi son premier : l’ancien pubard a toujours le sens de la formule…

Le titre du livre et du film parle pour lui-même. L’introduction, sur vieille pélicule et fond de « Your Song » nous résume en trois minutes l’histoire d’amour de Marc Marronnier (Garspard Proust) avec Anne, du coup de foudre à la déchirure. S’ensuit le divorce. Anne quitte Maronnier pour un autre Marc, Lévy. Dévasté, le chroniqueur mondain crache son désespoir dans un roman autobiographique : « L’amour dure trois ans », donc.

Il rencontre alors Alice (Louise Bourgoin), la femme de son cousin (Nicolas Bedos), qu’il séduit et dont il tombe éperdument amoureux. Au même moment, son livre se fait publier sous le merveilleux pseudonyme de Féodore Belvédère et cartonne. Un livre qu’Alice juge misogyne et dont elle méprise l’auteur ignorant qu’il n’est autre que son amant, qui va tout faire pour qu’elle ne découvre pas le pot aux roses. La suite est assez prévisible avec pas mal des clichés propre au genre donc pas besoin de vous la dévoiler…

chabadabada

L’une des qualités du film réside dans son casting et la direction d’acteurs. Gaspard Proust est un très bon avatar de Beigbeder. Il apporte une bonne dose de charme et d’humour autodépréciatif à son personnage tour à tour dépressif, séducteur, cynique, égocentrique. Louise Bourgoin est parfaite et naturelle dans un personnage solaire et qui lui va comme un gant. Et les seconds rôles sont excellents. Les parents notamment : Annie Duperey, auteure de « Je suis mère célibataire et je t’emmerde » se lâche plus que dans « une Famille formidable » et ça fait plaisir. Bernard Menez est très convainquant en vieux libidineux qui raconte ses exploits sexuels à son fils. Valérie Lemercier, comme toujours, est géniale dans le rôle de l’éditrice aux répliques cinglantes. Et l’un des potes de Maronnier, Jean-George alias Joey Starr finit par nous offrir l’une des surprises les plus amusantes du film.

Mes amis, mes amours, mes emmerdes

La bande originale et les clins d’oeil cinématographiques rajoutent aussi au charme du film : Woody Allen (à qui il emprunte le personnage qui s’adresse à la caméra), Bukowski, Jacques Demy et Michel Legrand. En digérant les codes de la comédie romantique à l’américaine et en y ajoutant un peu d’ironie et des dialogues très écrits mais souvent savoureux, Frédéric Beigbeder signe un premier film qui n’est pas parfait mais a le mérite d’être drôle, intelligent et léger.

Une bonne surprise.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s