Critique express : « Prometheus » de Ridley Scott

Prometheus
Le vaisseau Prometheus

Plus de trente ans après avoir initié le genre de la SF horrifique avec « Alien, le 8ème passager », et après des suites plus ou moins réussies signées quand même James Cameron, David Fincher et Jean-Pierre Jeunet, sir Ridley Scott revient enfin aux sources de la saga avec Prometheus. Un prequel (ou pas ?) très attendu grâce à une campagne marketing rondement menée distillant les infos au compte-gouttes et les bandes-annonces choc depuis le début de l’année, qui m’a (nous) a donné sérieusement la bave au coin de la bouche, tel un alien devant un steak humain.

Alors, un chef d’oeuvre de plus signé par l’auteur de « Gladiator » et « Blade Runner » ou une fausse bonne idée ? Ni l’un ni l’autre, mon capitaine. Avec « Prometheus », Mr Scott offre une oeuvre ambitieuse et parfois spectaculaire qui a le mérite de nous faire renouer avec cet univers si particulier, mais dont les défauts un peu trop nombreux empêchent l’adhésion totale.

L’expédition

« Prometheus » s’ouvre sur une séquence mythologique assez démente visuellement où l’où découvre un grand humanoïde blanchâtre avaler une substance étrange au bord d’une immense cascade bouleversant son corps jusque dans son ADN que l’on voit se distordre au niveau microscopique pour se disperser dans l’eau. S’ensuit  la découverte scientifique des professeurs Elisabeth Shaw (Noomi Rapace) et son mec Holloway (qui ressemble à Tom Hardy en moins charismatique) de peintures rupestres sur l’île de Skye en Écosse vers la fin des années 2090. Une fresque figurant un homme pointant le doigt vers une constellation que tout plein de civilisations qui ne partageait aucun contact ont toutes représenté à des siècles d’écart.

Notre amie Lisbeth Elisabeth en déduit qu’il s’agit d’une invitation pour nous autres humains à venir rencontrer notre créateur outre-galaxie, dans une planète fort fort lointaine… parce que comme elle l’explique aux membres de la mission Prometheus 2 ans plus tard, trois siècles de darwinisme on s’en balance ! C’est juste ce qu’elle a « choisi de croire ». Soit. Première incohérence d’un scénario signé Damon Lindelof (Mr Lost) qui en comptera bien d’autres qu’il serait fatiguant de recenser exhaustivement et que l’odieux connard a très bien décrites sur son blog.

Une histoire qui souffre surtout d’un terrible manque de rythme dans sa première heure qui nous ferait presque bailler. L’expédition met énormément de temps à se mettre en marche et on accumule les passages pas vraiment passionnants ni indispensables à l’intérieur du vaisseau, où l’on découvre un équipage assez nombreux mais dont on ne retiendra finalement que peu de participants : Shaw et son mec, l’androïde David (parfait Michael Fassbender) le captain Vickers (Charlize Theron, sous-exploitée), voire le pilote (Idris Elba). Les autres scientifiques présents ne seront là que pour se faire massacrer. Ils ne sont guère que deux à vraiment tirer leur épingle du jeu : Noomi Rapace s’avère excellente en digne ascendante de Ripley (notamment dans une scène de survival qui prend littéralement au bide) et Michael Fassbender apporte beaucoup d’ambiguité à son rôle de robot quasi humain.

Prometheus David Fassbender Shaw Rapace
Elisabeth Shaw (Noomi Rapace) et l’androïde David (Michael Fassbender)

Là où Prometheus s’avère efficace, c’est dans ses séquences d’action et de violence. Scott nous offre quelques scènes d’horreur assez saisissantes grâce à un bestiaire tout en tentacules et chuintements dégueus. On pourra d’ailleurs regretter que ces quelques scènes bien gore nous en montrent trop, atténuant le suspense bien plus présent dans Alien, où c’est la suggestion qui primait. Quant au scénario, à trop vouloir tout expliquer lui aussi, il détruit une part du mystère autour de cet univers qui était finalement bien plus intéressant. Et quoi qu’ait pu en dire Ridley Scott, on verra bien ce qu’on est venu chercher, le lien avec la saga Alien dans la courte et ultime séquence du film…

Bref, riche d’un univers visuel grandiose et de quelques scènes époustouflantes, Prometheus souffre de trop grosses lacunes en termes de rythme et de scénario pour se revendiquer d’un nouveau modèle de science-fiction comme on nous l’a vendu. Reste quand même que le spectacle a beaucoup de gueule et que les clins d’oeils à Alien font bien plaisir à voir…

 

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