Critique : « Blanche-Neige et le chasseur »

Hollywood est tellement en mal d’inspiration ces derniers temps qu’il se met à recycler les contes à tout va. Dernière victime (?) en date : Blanche-Neige… Deux mois après l’adaptation kitsch et sucrée de l’oeuvre de Grimm par Tarsem Singh, c’est dans une version dark et fantasy qu’on la retrouve dans le premier film du pubard Rupert Sanders : « Blanche-Neige et le chasseur« . Une relecture sombre et féministe du conte qui malgré quelques qualités visuelles et artistiques pêche clairement au niveau de son scénario. Comme l’affiche l’indique, le film est du même producteur qu' »Alice aux Pays des Merveilles », l’un des plus gros ratages de Tim Burton. Il ne fallait donc sans doute pas s’attendre à un chef d’oeuvre.

Il faut reconnaître que l’univers dépeint dans Blanche-Neige et le chasseur ne manque pas d’élégance. Les décors sombres et grandioses (du château de la Reine à la forêt hantée reconstituée dans les studios de Pinewood à Londres) et les costumes de la Reine Charlize parvient à nous installer d’emblée dans une gothique qui n’est pas sans rappeler celle des films de Tim Burton (encore lui). Il faut dire qu’ils sont signés de sa costumière attitrée, Colleen Atwood. Les effets spéciaux et animations diverses sont aussi une réussite, quoique trop présents : l’armée fantôme du début dont les soldats se brisent comme du verre dès qu’on les frappe, le vieillissement accéléré de la méchante Queen, sa dispersion en des dizaines de corbeaux… Toutes ces images nous font bien rentrer dans le monde du conte.

Charlize Theron Ravenna
Le trône de fer

Au niveau de l’histoire, maintenant, ça commence plutôt bien. Blanche Neige, enfant, perd sa mère. Son père inconsolable, défait une armée fantastique et libère sa prisonnière, Ravenna (la toujours sublime Charlize Theron) dont il s’éprend. Le soir des noces, cette blanche colombe l’empoisonne, le poignarde et s’empare de son royaume, dévoilant son côté obscur et jouant les hystériques à merveille. Elle fait alors emprisonner Blanche-Neige (Kristen Stewart) dans une tour, dont elle finit par s’échapper à la fleur de l’âge, juste avant que la Reine ne s’empare de son coeur comme préconisé par son miroir magique. La jeune et pâle princesse qui en a déjà bien chié s’enfuit alors par les latrines pour regagner la forêt hantée et échapper aux gardes.

M. Coupe au bol, le truc le plus effrayant du film

C’est ensuite que tout déraille. Poursuivie sans succès par le hideux frère de la Reine affublé d’une immonde coupe au bol, elle va ensuite être débusquée dans la forêt par le séduisant mais fort stupide chasseur (Chris Hemsworth, alias Thor) à qui la Reine a promis de lui rendre sa défunte épouse. Réalisant qu’il a été dupé par la Reine et son frère, celui-ci change alors d’avis, tombe amoureux de la vierge, et l’aide à nouveau à s’échapper. S’ensuivent des scènes incohérentes, inutiles et décousues qui servent de prétexte à dépenser de l’argent dans des décors plus ou moins beaux. L’un des exemples les plus parlants serait celui où, poursuivie par un troll qui veut la bouffer, Blanche-Neige lui crie « heeeeey » et lui lance son regard de biche. Forcément, ce dernier s’arrête bêtement pour la regarder dans les yeux et repartir d’où il est venu sans la manger. Ridicule ? Oui…

Après le passage imposé de la rencontre avec les nains, on assistera aux retrouvailles de la princesse avec le jeune William dont elle était éprise dans son enfance : un jeune homme à la beauté tout aussi banale que la sienne et au charisme également nul. En résulte un triangle amoureux avec le chasseur (pourquoi pas ?), qui ne sera absolument pas exploité (pourquoi ?).

« Qu’est-ce qu’elle est grosse ta hâche ! »

La coquine ayant croqué la pomme, c’est le baiser du second qui la réveillera de sa torpeur afin qu’elle nous livre la scène la plus drôle du film. Insipide et transparente comme à son habitude, elle se la joue William Wallace dans Braveheart pour que le bon peuple se rebelle et l’aide à aller se débarrasser de son affreuse belle-mère (pourtant bien plus belle et charismatique, quoique ce miroir idiot puisse en dire). La fin, on la devine. Personnellement, j’aurais apprécié que l’issue soit inversée, mais bon, on ne peut quand même pas violer les contes à ce point.

Bref, on retiendra peut-être de ce film quelques qualités visuelles et artistiques (et encore, il y a du bon et du mauvais) et la prestation de Charlize Theron, habitée. Le reste plaira peut-être aux fans de Twilight…

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5 réflexions sur “ Critique : « Blanche-Neige et le chasseur » ”

  1. Je suis moins négative que toi sur ce film (peut être est-ce parce que j’aime bien Twilight comme beaucoup d’idiots-idiotes ?) même si effectivement le triangle amoureux est un peu navrant et Kirsten Stewart fadasse (et le pôvre William, quel boulet).
    Reste que je m’attendais à un nullissime conte du genre le « Chaperon Rouge » (gros ratage de l’année dernière) et que finalement, les décors, les effets spéciaux, et l’excellente Charlize portent ce film à un autre degré. Certes, n’est pas le « Seigneur des Anneaux » qui veut mais j’ai regardé ce film sans honte et je n’ai pas regretté de payer ma place de cinoche. Et puis, bon, moi, perso, j’aime bien le Chasseur 😉

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      1. En même temps, c’est un guerrier plein de muscles, c’est pas un philosophe, lol ! A mon avis, son personnage sera plus exploité dans la suite qui est plus ou moins programmée…

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