Critique express : « Les Kaïra » de Franck Gastambide

A l’origine, il y avait « Kaïra Shopping« , une websérie promue par Canal + où trois mecs de banlieue devisaient sur leur banc façon wesh devant une caméra posée face à eux. Succès oblige, est ensuite survenue l’idée d’en faire un long métrage du genre « La Haine » en mode drôle. Le résultat : une comédie relativement efficace mais qui pêche par son côté politiquement correct, ce qui est assez gênant pour un film sur les quartiers.

Ne connaissant pas du tout la série qui a inspiré le film, je m’abstiendrai donc de me prononcer sur un passage sur grand écran réussi par rapport au matériau original, pour ne parler que du film. L’introduction, assez réussie, pose le décor : une cité de Melun, dans le 7-7, où les barres d’immeubles délabrées sont détruites les unes après les autres, et nos trois lascars… Mousten (Franck Gastambide), Abdelkrim (Medi Sadoun), et Momo (JB Pochtier). Des types en jogging – casquette au chômage qui n’ont pas consommé depuis des lustres et aimeraient bien séduire une gazelle, ou au moins réussir à choper un 06. L’élément déclencheur du film va être la découverte d’une annonce pour devenir hardeur. Pourquoi pas ? Les trois kaïra se rendent donc au casting et passent un entretien avec un producteur au verbe haut et à l’accent belge (un François Damiens hilarant, comme d’habitude) qui leur réclame une bande démo dans lesquels il pourrait les voir à l’oeuvre.

Après cette entrée en matière plutôt bien menée dans laquelle sont aussi évacués pas mal de clichés relatifs à la cité, les choses se gâtent un peu. Le rythme devient poussif et les intrigues et personnages secondaires (le rappeur frimeur cador du tiékar joué par Ramzy, la jolie fille méritante qui aimerait voir son frère s’en sortir et sa copine qui flashe sur son pote…) tentent d’étoffer un scénario qui reste somme toute assez basique et dont l’enjeu principal consiste à découvrir si oui ou non les trois lascars arriveront à niquer avant la fin du week-end. Fort heureusement, quelques scènes assez jouissives et un poil trash qui lorgnent clairement du côté de Judd Apatow ou des frères Farrely remontent le niveau, notamment celle où nos acolytes rentrent de boîte et renversent en voiture un drôle d’animal en forêt. Et le film offre quelques très bonnes idées comiques et des dialogues souvent bien ciselés qui nous font oublier ses défauts et son côté forcément caricatural.

Ce n’est néanmoins pas suffisant pour faire des Kaïra une comédie mémorable sur la banlieue, d’autant plus que le scénariste et réalisateur Franck Gastambide semble avoir sacrifié au consensuel en otant de son film tout aspect subversif ou clivant. Un film commercial donc, mais pas désagréable pour autant car on y sent une vraie sympathie pour la banlieue et les habitants des quartiers.

Publicités

Une réflexion sur “ Critique express : « Les Kaïra » de Franck Gastambide ”

  1. La seule raison qui me pousserait à aller voir ce film serait la présence de François Damiens, que j’adore.
    Par contre, pour s’améliorer en lorgnant du côté de Judd Apatow, c’est qu’on part vraiment de très bas…!

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s