Critique : « Magic Mike » de Steven Soderbergh

Quelques semaines seulement après avoir nous avoir énormément déçus avec cette grosse bouse qu’est « Piégée« , le réalisateur hyperactif Steven Soderbergh nous revient dans un registre totalement différent avec « Magic Mike », l’un de ses derniers films avant la retraite (il a déclaré vouloir s’arrêter à 50 ans). C’est l’histoire d’un strip-teaser de 30 ans, Mike, (Channing Tatum) qui prend sous son aile Adam, un jeune rebelle de 19 ans en perte de repères (Alex Pettyfer) à qui il va apprendre la les ficelles du métier en le faisant intégrer la troupe de Dallas (Matthew McConaughey). Le film s’inspire du passé de Channing Tatum, à l’origine du projet, qui a fait ses premiers pas dans le « showbiz » en tant que gogo dancer.

Premier constat : le film est supérieur à son prédécesseur (pas trop difficile me direz vous), et se veut un peu plus profond qu’une simple comédie destinée à titiller ces demoiselles et certains messieurs devant le spectacle de beaux gosses qui se désappent sur de la musique commerciale. Car contrairement à ce que la bande-annonce pourrait faire croire, l’essentiel du film ne se passe pas dans un strip club, bien que les scènes de strip-tease soient assez nombreuses. S’il faut souligner la qualité de la mise en scène de ces shows justement (et de certains numéros de danse étonnants), c’est surtout l’envers du décor que Soderbergh entend nous faire découvrir, avec plus ou moins de clichés.

L’argent facile, les filles, les soirées drogues et alcool, mais aussi l’enfermement dans un rôle de bellâtre et les difficultés pour se débarrasser de cette étiquette pour tenter de faire autre chose. Autre chose, pour Mike, c’est lancer son magasin de meubles customisés. Son véritable objectif qu’il tente de concrétiser en multipliant les petits jobs sur les chantiers le jour, et les billets dans son string la nuit. Mais pas facile de décrocher un prêt quand son apport est fait de petites coupures de 1dollars récupérés de son string et aplatis sous des piles de livres. Difficile aussi de séduire la fille qui sort du lot, en l’occurrence la grande sœur d’Adam (Cody Horn) quand on mène une vie aussi dissolue. Et bien qu’il lui ait promis de veiller sur son frère, le monde de la nuit reste plein de dangers auxquels il est parfois difficile d’échapper. Une vision un peu moralisatrice et bien pensante, donc, mais qui offre néanmoins une réflexion sur la relation au corps et à la beauté intéressante. A l’image de l’excellent Matthew McConaughey, délirant dans le rôle du meneur de revue vieillissant qui se raccroche désespérément à son sex appeal et à sa gloire passée.

Matthew McConaughey et Alex Pettyfer dans Magic Mike

Pour conclure, « Magic Mike » est donc un plutôt bon divertissement, à l’image soignée, qui malgré de grosses ficelles a le mérite d’offrir quelques séquences qui raviront vos mirettes. Les aficionados de séries télé regretteront comme moi que les très sexy Joe Manganiello et Matt Bomer, deux des strippers de la troupe, soient relégués au rang de potiche avec deux pauvres lignes de dialogue.

Publicités

Une réflexion sur “ Critique : « Magic Mike » de Steven Soderbergh ”

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s