Critique : « Frankenweenie » de Tim Burton

Tim Burton s’était un peu perdu ces dernières années avec des films oubliables voire ratés, si bien qu’après quelques années d’errance artistique on ne l’attendait presque plus. Et si son précédent film, Dark Shadows, sorti il y a quelques mois, relevait le niveau, c’est avec « Frankenweenie » qu’il revient – enfin – à son meilleur. Alors, comme d’habitude, on pourra lui reprocher de « faire du Burton », mais c’est encore ce qu’il fait le mieux. En transformant son propre court métrage « live » du même nom, tourné pour Disney en 1984, en un long métrage d’animation en motion capture et en noir et blanc, il effectue un retour aux sources salvateur en rendant hommage à tous les films qui ont participé à construire son univers : des films d’horreur d’Universal des années 30 (Frankenstein et sa fiancée, l’Homme Invisible, la Momie..) à ceux des studios Hammer en passant par les films de monstre à la Godzilla.

L’histoire de Frankenweenie, c’est celle de Victor Frankenstein, un jeune garçon un peu lunaire et sans autre ami que son chien, Sparky, qu’il met en scène dans des petits films de monstres faits à la maison – une séquence d’introduction qui à elle seule vaut le déplacement tant elle est pleine de bouts de ficelles et d’inspiration. Victor vit avec ses parents à New Holland, une ville de banlieue qui n’est pas sans rappeler celle d’Edward aux Mains d’argent, et qui renvoie là encore à l’histoire de Burton lui-même et à son enfance passée à Burbank. Le jour où son chien meurt, le jeune Victor, comme son illustre homonyme, décide de ramener l’animal à la vie un soir d’orage grâce à un ingénieux dispositif et quelques éclairs. Et ça marche ! « Your dog is alive, aliiiive » lui lance un vil camarade de classe qui a découvert le pot aux roses et entend se servir de cette découverte pour gagner le concours de science organisé par leur étrange professeur. Sparky, à l’image du célèbre monstre de Frankenstein, couvert de coutures, deux gros boulons à son cou, va alors dynamiter la tranquille petite bourgade et ses habitants, comme d’habitude chez Burton très enclins aux jugements hâtifs.

Si le scénario de John  August sert surtout de prétexte à de multiples clins d’oeil en faisant ressusciter les monstres de tous ces vieux films qui ont donné leur inspiration à Burton, le réalisateur le fait ici avec une maîtrise formelle remarquable, avec des plans et des décors travaillés dans les moindres détails. Le character design et l’animation des marionnettes est notamment très réussi, et bien évidemment très référencé (on retrouve chez les camarades de Victor un simili Boris Karloff, un Quasimodo, une petite fille étrange qui rappelle celle de ses poèmes illustrés, et une Winona Ryder qui prête sa voix à son propre avatar en pâte à modeler).

Et tout cela dans un rythme sans aucun temps mort, qui nous trimballe entre rires et (gentil) effroi – ça reste un film pour enfants – jusqu’à un bouquet final de monstres relâchés et de villageois enragés qui boucle en beauté ce vibrant hommage au cinéma d’épouvante d’antan.

Avec Frankenweenie, c’est un peu aussi son cinéma que Tim Burton ressuscite, et ça fait très plaisir à voir !

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