Critique : « Le Hobbit : Un voyage inattendu » de Peter Jackson

Le-Hobbit-Un-voyage-inattendu-3D_portrait_w193h257Il aura fallu patienter neuf ans après la sortie du « Retour du roi », dernier épisode de la cultissime trilogie du « Seigneur des Anneaux », pour découvrir sur grand écran les aventures de Bilbo le Hobbit et son voyage très attendu. Un temps dévolue à Guillermo del Toro, également co-scénariste de cette nouvelle adaptation de Tolkien, et après d’interminables soucis de production, c’est finalement à Peter Jackson qu’a encore échu la lourde de tâche de mettre en images ce « prequel » de l’oeuvre phare de JRR Tolkien. Un retour aux sources pour le réalisateur qui nous replonge avec plaisir en Terre du Milieu.

Adapté du conte pour enfants de Tolkien « Bilbo le Hobbit », les aventures de Bilbo se déroulent une bonne soixantaine d’années avant que son neveu Frodo ne débute sa propre quête qui le conduira au Mordor. Bilbo n’était encore qu’un jeune hobbit vivant dans son trou de la Comté, jusqu’au jour où le magicien Gandalf (Ian McKellen, toujours aussi bon dans l’exercice) vienne troubler sa paisible existence en lui proposant l’aventure de sa vie : aider une compagnie de 13 nains à regagner leur royaume perdu, dont les a délogé le terrible dragon Smaug. Une intrigue plus light et une quête bien plus courte (le roman originel ne compte pas plus de 300 pages quand Le Seigneur des Anneaux dépasse allègrement les 1000) que Jackson a décidé de porter à l’écran en 3 films de près de 3 heures.

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Si la perspective de retrouver l’univers de Tolkien, certains de ses personnages clés (Gandalf, Elrond, Galadriel et bien sûr Gollum) ainsi que les paysages somptueux de la Nouvelle Zélande, dans trois nouveaux longs métrages peut sembler alléchante, il faut bien avouer qu’on sent que Jackson a allègrement tiré sur la corde, en nous proposant un prologue entrecoupé de chansons qui met bien une demi-heure à démarrer. C’est bien là d’ailleurs la principale faiblesse du film dont la narration reprend quasiment à l’identique la structure de La Communauté de l’anneau, avec flashback historique, tergiversations avant de se lancer dans la quête proposée par Gandalf, et parcours semé d’embûches.

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Néanmoins, si Peter Jackson tombe parfois un peu dans la redite, en nourrissant son film de clins d’oeil à ses précédents opus (reprenant le fameux plan de la compagnie marchant en file indienne sur une ligne de crête, pour n’en citer qu’un), il n’a rien perdu de sa capacité à mettre en scène des séquences épiques et toujours aussi impressionnantes, que ce soit dans le tout premier flashback avec la bataille de Thorin ou l’attaque du Dragon, ou dans une course poursuite hallucinante et virevoltante dans les mines. La splendeur des décors et la qualité des effets toujours présente, en plus de faire preuve d’une indéniable générosité dans le grand spectacle (auquel la 3D, quasiment imperceptible, n’apporte rien), Jackson nous offre également des intermèdes plus calmes. Des scènes qui permettent de rappeler qu’au delà de cette quête reste présente l’ombre de Sauron, à l’occasion d’un conseil restreint entre Gandalf, Saroumane, Elrond et Galadriel ; mais aussi des séquences burlesques qui détendent l’atmosphère, comme celle où l’on fait la connaissance de Radagast, un collègue sylvestre et adepte de champignons du magicien gris. Et bien sûr, la scène clé de la découverte de l’anneau et du duel de devinettes entre Gollum, que l’on retrouve avec plaisir, et Bilbo.

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Quant au Hobbit en lui-même, incarné par le britannique Martin Freeman, il parvient à être plus attachant et surtout moins agaçant que Frodo, mais souffre d’un certain déficit de charisme comparé au leader de la troupe, le nain Thorin (Richard Armitage), digne successeur (ou plutôt prédécesseur) d’Aragorn qu’avait si bien interprété Viggo Mortensen.

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7 réflexions sur “ Critique : « Le Hobbit : Un voyage inattendu » de Peter Jackson ”

  1. J’y retourne tout à l’heure mais comme toi, un vrai plaisir que de renouer avec l’univers de la Terre du Milieu. Un propos certes plus léger avec quelques maladresses visant à nous rappeler le Seigneur des Anneaux mais cela reste du pur divertissement et de l’aventure en barre. Je n’ai pas vu les 3 heures passer et suis tombée sous le charme d’un nain ! Un Thorin Ecu de Chêne qui porte avec ravissement une partie de l’intrigue sur ses épaules charismatiques.

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  2. ‘ai été très agréablement surpris par la qualité de ce film. j’ai pris beaucoup de plaisir en le voyant. Seule petite ombre au tableau: la 3D et le HFR font un peu mal au crâne et on aurait pu se passer de la 3D pour ce film…

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  3. A mon sens, la 3D reste un gadget coûteux (pour l’usager et le professionnel) qui finalement n’apporte pas grand chose aux longs métrages dès lors qu’ils sont bien écrits et bien réalisés. Mais ça n’engage que moi…

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      1. Je vis dans un p’tit bled de province et hélas, même si je souligne l’effort de mon cinéma pour rester à la pointe, j’ai passé mon temps à enlever et remettre les lunettes 3D sur Avatar, l’image étant trop sombre là où les couleurs étaient éclatantes… Mais effectivement, l’engouement pour la 3D semble n’intéresser qu’une faible partie des téléspectateurs. Je note d’ailleurs que les films ne sortent plus intégralement en 3D…

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