Critique : « Les combattants » de Thomas Cailley

Y76D6lmx0qHE4cmIfTtXkGqyTG0Les diplômés de la Fémis ont du talent ! Trois ans après en être sorti, Thomas Cailley nous livre avec « Les combattants » un premier long-métrage qui dynamite la comédie française avec une singularité et une maîtrise notables, qui fit forte impression à la dernière Quinzaine des réalisateurs cannoise. Et confirme, au passage, les qualités de son interprète principale Adèle Haenel, césar du second rôle 2014 pour Suzanne. Révélée par Naissance des pieuvres de sa compagne, la réalisatrice Céline Sciamma (Tomboy), l’actrice s’y impose comme l’une des meilleures de sa génération, parfaite dans le rôle de Madeleine, un garçon manqué qui se prépare à affronter l’apocalypse.

Le point de départ du film est ô combien surprenant pour une comédie qu’on pourrait qualifier de romantique. Il y est en effet question d’un jeune homme prénommé Arnaud (Kévin Azaïs), confronté à la mort de son père et à la perspective de rejoindre ou non l’entreprise familiale léguée à son grand frère, qui rencontre à ce moment décisif de sa vie la fameuse Madeleine lors d’une séance de recrutement de l’Armée de terre, qu’elle rêve de rejoindre. Une rencontre amoureuse sous le signe du combat et de l’affrontement entre deux opposés : Arnaud doit attaquer Madeleine sur la plage, et se voyant maîtrisé par la jeune fille, la mord discrètement pour reprendre le dessus.

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Leur chemins ne tarderont pas ensuite à se croiser et, sans trop dévoiler l’intrigue, Arnaud va tomber sous le charme de cette blonde rugueuse et peu loquace, qui nage avec des sacs lestés de tuiles, s’inflige des smoothies de sardines et un entraînement digne de Man vs Wild, persuadée que la fin est proche et que l’homme va devoir être prêt à survivre à la fin du monde qu’il va déclencher. Peu convaincu par ces futures catastrophes éventuelles (surpopulation, réchauffement climatique, guerre nucléaire), Arnaud suivra néanmoins Madeleine à un stage militaire pendant l’été, avant que cette aventure les mènes sur des chemins de traverse plus bucoliques et romantiques.

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Jouant sur les contrastes entre ce garçon plutôt calme, serein et optimiste, et cette fille un brutasse, un peu violente et déterminée, Cailley orchestre cette romance particulière avec un humour ravageur, en mélangeant adroitement les genres (comédie, romance, aventure) en nous entraînant dans une histoire à chaque fois surprenante. Jusqu’à un final aux couleurs de l’apocalypse, forcément, où la nature que les deux amants ont fini par rejoindre se déchaîne dans un plan suffoquant.

Un beau premier film à ne pas rater.

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2 réflexions sur « Critique : « Les combattants » de Thomas Cailley »

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