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Critique : « La Planète des singes : l’affrontement » de Matt Reeves

4383Huitième long-métrage de la saga inspirée du roman de Pierre Boule, La Planète des singes : l’affrontement, fait suite au prequel La Planète des singes : les origines, sorti en 2011 avec James Franco dans le rôle (de l’humain) principal. Et malgré des qualités visuelles indéniables, le film s’inscrit très nettement en deça de son prédécesseur, déjà non exempt de certains défauts.

Si Matt Reeves (Chronicle), qui succède derrière la caméra à Rupert Wyatt, n’a rien d’un manchot et nous offre des effets visuels impressionnants à gogo, avec notamment un final de haute volée (le fameux affrontement du titre français, n’ayant rien à voir avec sa traduction littérale : l’aube de la Planète des singes), le scénario est tellement prévisible que c’est l’ennui qui prend le pas sur le spectacle.

L’introduction est interminable. Quelques années après la fin des événements du premier épisode, un virus simien a décimé presque tous les Hommes tandis que l’on découvre César, le singe héros du premier volet (toujours interprété impeccablement par le roi de la motion capture Andy Serkis) devenu le chef d’un clan de singes évolués et « parlants », qui a pris ses pénates dans la forêt de San Francisco. Malgré une représentation quasi documentaire et assez confondante de la vie de ses singes dans leur environnement naturel, que le réalisateur de Chronicle a su subtilement amener grâce à une maîtrise incontestable de la performance capture (qui semble atteindre un niveau de qualité optimal, puisqu’on croirait ces singes réels), l’intrigue peine terriblement à démarrer et va s’avérer véritablement inintéressante.

la-planete-des-singes-l-affrontement-dawn-of-the-planet-of-the-apes-30-07-2014-9-gUn groupe de rescapés tombe par hasard sur César et ses compères dans ladite forêt – rencontre qui se passe évidemment mal étant donné la stupidité d’un humain on ne peut plus carricatural. Néanmoins, César étant le sage qu’il est, il obtient une trêve fragile avec les humains ira ensuite jusqu’à accepter d’aider l’un de ces hommes, Malcolm (Jason Clarke, inconnu au bataillon et parfaitement transparent – mais pourquoi donc ont-ils viré James Franco ?) à refaire fonctionner un barrage hydraulique, indispensable à la survie de son espèce. Une concession que le singe accorde pour éviter l’inévitable : une guerre entre humains et singes parvenus grosso modo au même stade de l’évolution dont on se doute que l’une des deux espèces tentera de dominer l’autre.

La morale – les singes, devenus « intelligents » sont finalement capables d’être aussi bon ou mauvais que les hommes, et de se faire la guerre entre eux par appât du pouvoir – étant courue d’avance, on n’échappera pas aux hostilités, non sans avoir attendu des plombes ce dénouement spectaculaire vendu par l’affiche et la bande-annonce. Et l’on finit même par être agacé par un scénario qui fait la part belle aux clichés, aux personnages stéréotypés et aux situations convenues. On passera aussi sur la sempiternelle apologie des valeurs familiales.

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La présence au casting de l’excellent Gary Oldman et de la revenante Keri Russell (bien mal servie par un rôle de potiche infirmière) et leurs quelques scènes n’y changeront rien, cette énième version de la Planète des singes ne fera malheureusement pas date en dépit d’une réalisation soignée et d’une puissance visuelle qui, certes, peut mériter le déplacement.

Du beau gâchis !

 

 

Final cut 2013 : retour sur les films de l’années en 8min30

Ça y est, le mois de décembre est déjà entamé.

L’occasion de voir fleurir sur la toile les traditionnels mashups des films de l’année écoulée.

En voici un premier – Final cut 2013 – qui retrace en 8 minutes et 30 secondes les films qui auront marqué l’an de grâce 2013, principalement outre-atlantique, mais pas que… (une certaine Adèle fait partie du lot).

Enjoy!

 

 

Critique express : « Jeune & Jolie » de François Ozon

ImageAprès le très réussi « Dans la maison », qui mettait déjà à l’honneur un adolescent assez trouble il y a quelques mois, François Ozon revient avec le non moins trouble « Jeune & Jolie », portrait en 4 saisons et 4 chansons d’une adolescente qui décide sans raison apparente de se livrer à la prostitution.

Isabelle a seize ans au début du film, vit sa première idylle pendant les vacances d’été, se masturbe sous les yeux (et les nôtres) de son petit frère qui l’épie, et perd sa virginité sur la plage, dans les bras d’un jeune éphèbe allemand, avant de célébrer en famille son 17ème anniversaire.

A la rentrée, on la découvre, toujours aussi belle, entrer dans un hôtel, puis se livrer à un vieil homme en échange de quelques centaines d’euros. « On n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans », comme l’écrivait Rimbaud dans un poème qui nous sera lu pendant le film. Pas beaucoup plus d’explications ne seront données sur les motivations de cette jeune et jolie fille, qui ne manque ni d’argent, ni d’affection, si ce n’est un certain goût pour la provocation et le scandale, et un fantasme qui la pousse, à chaque fois, à recommencer.

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Cette créature insaisissable à la voix douce, tantôt timide, tantôt femme fatale, c’est Marina Vacth, une jeune mannequin passée actrice qui crève l’écran devant la caméra d’Ozon, qui parvient avec l’élégance qu’on lui connaît à éviter l’écueil du pseudo-reportage sordide sur la prostitution estudiantine et à filmer avec assez de retenue les scènes pourtant crues dans lesquelles Isabelle alias Léa, s’adonne à son activité aussi lucrative que clandestine. 

Et si on reste un peu sur notre faim, le film posant plus de questions qu’il n’y répond, nous laissant seuls juges des actes de cette jeune et jolie fille, il est suffisamment sec et dérangeant pour mériter le déplacement.

Critique : « Mud » de Jeff Nichols

ImageIl aura fallu près d’un an après sa sélection en compétition au Festival de Cannes, d’où il était reparti étonnamment bredouille, pour découvrir Mud de Jeff Nichols sur les écrans français.

Le réalisateur, qui avait déjà connu un grand succès critique avec son précédent opus, Take Sheltersigne une fois encore un très beau film dont il serait dommage de se priver.

Mud, c’est le surnom d’un homme mystérieux qui vit dans un bateau coincé entre deux arbres, caché dans une île du fleuve Mississipi, dont les seules possessions sont sa chemise fétiche et son pistolet. Un vagabond tatoué d’un serpent que rencontrent au cours d’une expédition en barque à moteur deux pré-adolescents, Ellis (Tye Sheridan, découvert dans The Tree of Life), le personnage central du long métrage, et son ami Neckbone.

Pris d’admiration par cet aventurier beau parleur et affable, Ellis accepte de l’aider en lui apportant de la nourriture à sa demande, ignorant au départ les raisons qui poussent Mud à vivre reclus au milieu de nulle part.

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Chez lui, Ellis assiste à la fin du couple formé par ses parents et redoute de devoir quitter son habitation fluviale qui serait alors vouée à être détruite, tout en découvrant les premières affres de l’amour avec une certaine May Pearl, sa première « petite amie » de quelques ans son aînées.

Et l’amour, c’est le principal moteur de cette enfant qu’interprète brillamment le jeune Sheridan (qui n’est pas sans rappeler le regretté Brad Renfro à ses débuts) dans l’aventure risquée qui le pousse à aider Mud dans sa quête visant à s’enfuir en bateau avec la femme de sa vie, Juniper (Reese Witherspoon). Une très belle femme pour qui Mud a tué et se retrouve en cavale, rendant leur histoire d’amour encore plus compliquée qu’elle ne l’était déjà avec les multiples allers et retours de la jolie blonde.

L’amour triomphera-t-il comme le désire tant Ellis ? Est-ce qu’il est toujours trompeur, comme le lui dit son père ? C’est l’une des questions qui se pose au fur et à mesure que le film progresse, pour lui comme pour ses parents, et pour Mud et Juniper. Et si l’on se doute bien de la réponse, il est en tout cas un thème central qui reste omniprésent tout au long du film.

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Brillamment écrit, le scénario prend le temps de poser tous les protagonistes de cette histoire et nous emmène presque à chaque fois sur des chemins inattendus qu’on ne voit pas venir, jusqu’à un final sous haute tension, redoutable d’intensité. Quant aux images, et au grandiose décor offert par les rives du Mississipi, ils song superbes, magnifiés par une photo impeccable.

Il faut également souligner l’impeccable direction d’acteurs de la part de Nichols et l’interprétation d’un Matthew McConaughey impérial, dont la récente réorientation vers des films plus « intelligents » est un indéniable succès. Il est tout simplement beau dans la peau de ce type au chicot cassé et au visage buriné par le soleil, qui lui offre l’un de ses meilleurs rôles.

Magnifique récit initiatique, une sorte de mélange entre Tom Sawyer et Stand by me, Mud revisite le mythe américain de la plus belle des façons et s’impose comme l’un des meilleurs films sur l’enfance. A ne pas rater.

Vu sur le web : 14 personnages de Disney en version 2013

Le graphiste Ruben a eu la bonne idée d’envoyer quelques héros du monde merveilleux de Disney à l’ère moderne, sous des vêtements d’étudiants.

La Disney University, voilà ce que ça donne :

1. Aladdin (Aladdin)

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2. Cendrillon (Cendrillon)

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3. Alice (Alice au pays des merveilles)

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4. Peter Pan (Peter Pan)

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5. Arielle (La petite sirène)

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6. Prince Eric (La petite sirène)

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7. Belle (La belle et la bête)

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8. Pocahontas (Pocahontas)

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9. Esmeralda (Le bossu de Notre-Dame)

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10. Hercule (Hercule)

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11. Mulan (Mulan)

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12. Tarzan (Tarzan)

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13. Jim Hawkins (La planète au trésor)

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14. Kenai (Frère des ours)

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Source : buzzfeed.com

Vu sur le web : la carte des 250 meilleurs films de tous les temps

Belle découverte sur le blog de Vodkaster : Une cartographie façon plan de métro des 250 meilleurs films de tous les temps conçue par son auteur essentiellement selon le classement d’IMDB.

Chaque ligne représente un genre : Chef d’oeuvre universel, chef d’oeuvre sur le showbusiness, Romance, Comédie, Drame, Western, etc.

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Un bon poster à afficher au-dessus de son bureau, qui donnera pas mal d’idées de films à ajouter à sa to-watch list…

A télécharger dans l’article original ou ici :

Critique : « Iron Man 3 » de Shane Black

affiche iron man 3Après l’immense succès au box-office des Avengers, Tony Stark (Robert Downey Jr)  reprend du service sous le costume d’Iron man pour un troisième long-métrage, probablement le plus drôle et le plus rythmé de la saga, et sans conteste supérieur aux aventures en solo de ses collègues super-héros que l’on a pu découvrir ces dernières années (Thor, Captain America…).

Le scénario, même s’il ne renouvelle absolument pas le genre et reste assez con con, – un superhéros vs un bad guy qui s’en prend à son entourage, puis affrontement final et clap de fin – réserve néanmoins quelques bonnes surprises en débarrassant quasiment d’emblée l’homme de fer de ses joujoux mécaniques high-tech pour l’abandonner livré à lui-même au milieu de nulle part. En ce sens, c’est plus à l’homme sous la machine qu’à la machine elle-même que Shane Black, qui remplace Jon Favreau derrière la caméra, a choisi de s’intéresser.

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Pris pour cible par un terroriste qu’il a juré de buter, Tony se fait défoncer la tronche et accessoirement sa maison en bord de mer avec tout son attirail de guerre dès le début du film (dans une scène assez spectaculaire d’ailleurs). Un grand méchant, le Mandarin  (Ben Kingsley, excellent comme d’habitude), avatar de Ben Laden version occidentale, qui nous renvoie plutôt intelligemment à notre époque post-11 septembre qui mêle à la peur du terrorisme sa mise en scène télévisée. Il nous offrira également un twist assez drôle et plutôt bien amené, mais pas la peine de spoiler.

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Il faut dire que Tony Stark n’a rien perdu de sa « coolitude » et enchaîne les vannes comme il collectionnait les conquêtes avant de se caser avec Pepper Pots (Gwyneth Paltrow), dont le personnage s’étoffe enfin. Toujours aussi mégalo et obsessionnel avec ses jouets au début du film, il est plutôt jouissif de le voir se retrouver « à poil », obligé de se démerder avec un attirail sorti tout droit de Casto pour s’en prendre à un scientifique psychopathe (Guy Pearce) et à son armée de gros bras quasiment indestructibles. On passera sur l’épisode post traumatique et les crises d’angoisse qu’il subit depuis son affrontement avec les aliens d’Avengers, qui vient grossir le trait de la vulnérabilité du héros (on aura compris), pour se laisser convaincre par le côté fun et spectaculaire de ce troisième opus, qui s’achève dans un feu d’artifice pyrotechnique plutôt impressionnant à qui la 3D n’apporte, comme souvent, rien.

 

Critique : « Cloud Atlas » de Andy et Lana Wachowski et Tom Tykwer

ImageAprès l’échec cuisant de Speed Racer, les frère et désormais soeur Wachowski reviennent sur le devant de la scène avec l’un de leurs meilleurs films, Cloud Atlas, tiré d’un roman jugé inadaptable, Cartographie des nuages de David Mitchell. Aidés dans leur tâche par le réalisateur allemand Tom Tykwer, à qui on doit une autre adaptation réussie, Le Parfum, les Wachowski signent un film inclassable d’une densité dramatique rare, quasiment inracontable, mais plutôt marquant.

Difficile en effet de résumer ce film, qui nous propose sur trois heures une histoire complexe à tiroirs elle-même composée de pas moins de six histoires de prime abord indépendantes qui se déroulent dans plusieurs époques, mais interprétées par les mêmes acteurs dans des rôles (et des apparences) à chaque fois différents, constituant une des bonnes idées du film : Tom Hanks, Halle Berry, Hugh Grant, Ben Wishaw, Hugo Weaving, et Jim Sturgess notamment, tous excellents. Des personnages de tous âges et de toutes origines dont les actes se répercutent à travers les âges, pour résumer le propos métaphysique du film, habituel chez les Wachowski mais qui ne constitue justement pas son principal intérêt. Un propos expliqué par l’une des héroïnes du film, SonMi, une sorte de Neo version féminine (la référence à Matrix est des plus évidente), simple clône dans le Séoul du XXIème siècle qui finira par être à l’origine d’une nouvelle révolution.

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Car c’est aussi et surtout cela qu’on en commun la plupart de ces histoires pourtant si différentes : l’émancipation. Celle d’un esclave qui gagne sa liberté grâce à un avocat qui tournera le dos à son milieu pour prendre le parti de l’abolitionnisme, d’un jeune homme au talent immense dont les moeurs feront la perte ne trouvant de libération possible que dans la mort, d’un vieil éditeur enfermé à son insu dans un asile de vieux, ou encore celle de SonMi échappant à sa condition d’esclave clôné destiné à finir en concentré protéiné.

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Un rejet des normes et des conventions et une réflexion sur l’identité qui fait forcément écho au très médiatique changement de sexe de Larry – Lana Wachowski, qui ajoute un soupçon de dimension autobiographique à ce très dense récit.

A chaque époque correspond également un genre : film historique avec le journal de bord d’un jeune avocat empoisonné sans le savoir par son docteur lors d’un voyage transatlantique au XIXème et sa rencontre avec un esclave clandestin, drame d’époque avec l’histoire se déroulant en 1936 d’un jeune compositeur homosexuel qui écrit de concert des lettres à son amant et la symphonie de sa vie qui constituera également le thème principal du film, thriller parano ambiance seventies, comédie jubilatoire, SF futuriste, etc.

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Combiner ces histoires et ces genres avec une telle fluidité et une rapidité relève de l’exploit, et on peut dire que les trois réalisateurs ont su être à la hauteur du défi, entretenant un suspense et un intérêt allant crescendo tout au long du film, et ce même si certaines histoires intéressent forcément plus que d’autres. Formellement impeccable, résolument moderne et incontestablement singulier, Cloud Atlas frappe par sa puissance narrative et son originalité. A ne pas manquer.

Critique : « Django Unchained » de Quentin Tarantino

20366454.jpg-r_160_240-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxAprès avoir réécrit l’histoire à sa façon dans Inglourious Bastards, Quentin Tarantino renouvelle l’expérience avec un autre triste pan de notre passé et particulièrement des Etats-Unis, en abordant le thème de l’esclavage. L’histoire d’une revanche, celle de Django (Jamie Foxx), un esclave séparé de force de sa femme après une tentative d’évasion, dont la rencontre avec un chasseur de primes, Schultz (Christoph Waltz) va changer le destin. Un homme qui va le libérer après qu’il l’a aidé à retrouver trois malfrats dont la tête est mise à prix, et l’accompagner dans son projet visant à libérer sa femme, esclave appartenant à un vil cotonnier (Di Caprio) . C’est également pour Tarantino l’occasion de s’attaquer et de rendre hommage à un genre dont il a toujours été fan : le western spaghetti. Et avec quel talent !

Comme à son habitude, l’auteur de Pulp Fiction est allé puiser (piller pour ses détracteurs) dans de multiples références pour nous offrir une aventure de 2h45 où les genres se confondent (film d’action, western, buddy movie, love story) pendant laquelle on s’ennuie pas une seconde à la différence d’un The Master qui malgré sa maîtrise formelle n’évite pas l’ennui.

Enchaînant les séquences parfaitement dialoguées – une fois encore l’irrésistible Christoph Walz a été bien servi – et les scènes d’action avec une égale réussite, Quentin Tarantino orchestre un spectacle complètement jouissif et véritablement déchaîné. La violence est là encore, comme à l’accoutumée, omniprésente, mais l’amour aussi. Et bien que Broomhilda (la très belle Kerry Washington), la femme de Django, soit un peu en retrait, les retrouvailles entre l’esclave et sa « little troublemaker » ne peuvent que nous émouvoir. Est-il aussi besoin de préciser que la B.O. du film est encore une fois une véritable réussite et que Tarantino a le don de choisir une tracklist originale qui s’inscrit à merveille dans ce qu’il raconte ?

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Le film est également marqué par un humour ravageur qui permet à ses acteurs de s’en donner à coeur joie et de -il faut bien l’avouer – cabotiner un peu. Samuel L. Jackson est ainsi parfait en vieux majordome absolument ignoble, tout comme Leonardo DiCaprio qui trouve enfin un vrai rôle de méchant qui lui sied à ravir et lui permet d’exprimer tour à tour rage et folie. Django marque également la résurrection sur grand écran de Jamie Foxx, impeccable dans son rôle et d’une classe folle, qui se libère progressivement de ses chaînes au sens propre comme au figuré pour laisser à la fin exprimer toute sa rage dans une séquence d’anthologie. Le duo qu’il forme avec son mentor et libérateur King Schultz est lui aussi des plus réussis et l’alchimie entre ces deux personnages si différents fonctionnant à merveille.

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Django Unchained est aussi un film politique, qui malgré son caractère outrancier rappelle ce que fut l’esclavage, le sort réservé à ses victimes, et s’attaque au racisme virulent qui règnait et parfois règne toujours dans une partie des Etats-Unis (le Ku Klux Klan en prend d’ailleurs pour son grade dans une scène hilarante) – n’en déplaise à Spike Lee qui n’a même pas vu le film. De quoi ajouter une dimension supplémentaire à ce divertissement brillant et jubilatoire. Incontestablement l’un des films qui va marquer l’année. On en redemande !