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Michael Fassbender, l’acteur qui monte

the scarf of Shame

Tout le monde se l’arrache à Hollywood : Tarantino, Cronenberg, Scott… Son nom, Michael Fassbender.

L’acteur anglo-allemand de 34 ans débarque sur les écrans en ce mois de décembre dans deux films qui font déjà parler d’eux : Shame, de Steve McQueen, et A Dangerous Method de David Cronenberg.

L’occasion de revenir sur sa courte carrière déjà impressionnante, oscillant entre films grand public et d’auteur…

Après avoir joué de ses muscles dans le 300 de Zack Snyder, Fassbender est révélé par Hunger de Steve McQueen (le réalisateur anglais, pas l’acteur, forcément…). Il y est tout simplement impressionnant dans son interprétation du militant irlandais Bobby Sands, décédé en 1981 suite à une grève de la faim. Habité, amaigri, saisissant, la performance du comédien, comme le film, n’est pas passée inaperçue. Hunger décrochera en effet la Caméra d’or qui récompense le meilleur premier film au Festival de Cannes en 2008. « J’ai perdu 14 kilos et j’en pesais 59 à la fin. C’était la seule façon de le faire et d’être crédible », déclare-t-il à l’époque.

"J'ai faim ! "

Après le marquant survival Eden Lake, dans lequel il se retrouve pris au piège avec Kelly Reilly face à une bande d’ados psychopathes, il enchaîne l’année suivante avec Fish Tank, d’Andrea Arnold, où il séduit une adolescente perdue. Le film obtient le Prix du Jury, et le charisme animal et le sourire carnassier de Fassbender crèvent l’écran. La même année, il est choisi par Quentin Tarantino pour son Inglorious Basterds pour incarner un agent britannique se faisant passer pour un soldat allemand, langue qu’il parle d’ailleurs couramment. La scène dans laquelle il infiltre un bouge infesté d’allemand vous apprendra comment on commande correctement trois verres chez les Teutons.

"drei Gläser bitte"

Ensuite, sa carrière explose : jeune Magneto dans X-Men : le commencement au côté de James McAvoy, il retrouve Steve McQueen pour Shame, et se voit décerner le prix d’interprétation au festival de Venise en 2011 grâce à sa prestation. Un film qui sort le 7 décembre en France et devrait apparemment être tout aussi dérangeant, et cru. A New York, il y est question de l’affaire DSK de l’errance d’un trentenaire addict au sexe qui voit sa soeur débarquer dans son appartement.

Ses choix de carrière, il ne les fait pas en fonction du nombre de spectateurs potentiels. « Ce qui me préoccupe, c’est de raconter l’ambivalence que nous avons tous en nous. J’aime les personnages duels comme Magnéto, ou celui de Fish Tank. Etre au plus près des fissures de l’être humain. Dans un blockbuster ou dans un film intello » confie-t-il à GQ. Comédien intense et captivant, au charisme fou, pas étonnant qu’il soit en ce moment aussi recherché au ciné que le beau gosse Ryan Gosling.

Et on n’a pas fini de le voir, puisqu’il prêtera ses traits à Carl Jung dans le film « psycho » A Dangerous Method (sortie française le 21 décembre) qui s’intéresse à sa relation avec son mentor le Dr Sigmund Freund (Viggo Mortensen) et une patiente hystéro (Keira Knightley) qui va devenir sa maitresse. La suite, ce sera notamment en 2012 Prometheus de Ridley Scott, de retour à la SF, Haywire, un thriller de Steven Soderbergh, et on vient de l’annoncer comme Noé dans l’arche de Darren Aronosfsky, qui s’apprête à adapter sa propre bédé.