The Amazing Spiderman, les premières photos

A l’occasion du dernier Comic Con en Californie, Marc Webb, le réalisateur de 500 jours ensemble, a présenté les premières images de son « reboot » de Spiderman : « The Amazing Spiderman », devant un parterre de plus de 6000 geeks impatients. Avec un casting très alléchant…

Dans le rôle titre, l’excellent Andrew Garfield, révélé dans le film britannique Boy A, qui a explosé l’année dernière dans The Social Network de David Fincher en interprétant Eduardo Saverin, le cofondateur de Facebook, évincé et trahi par son meilleur ami Zuckerberg.

Pour cette nouvelle adaptation des aventures de l’homme-araignée, exit Mary Jane, Le bouffon vert, Venom ou l’homme sable. C’est la blonde Gwen Stacy (interprétée par Bryce Dallas Howard dans l’épisode 3 du Spiderman de Sam Raimy), cette fois-ci sous les traits d’Emma Stone – la petite jeune qui monte à Hollywood en ce moment – qui fera battre le coeur du super héros.

du magazine Total Film

Le grand méchant du film sera le Lézard (Rhys Ifans), une sorte de Dr Jekyll & Mr Hyde, à la fois le mentor et l’adversaire de Peter Parker.

On y retrouvera encore la tante May (Sally Field) et l’oncle Ben (Martin Sheen), qui risque à nouveau de se faire buter au début du film.

Une famille formidable

Spoilers :

D’après le magazine Total Film, dont un des journalistes a assisté à la projection de quelques minutes du film, on y verra un Peter Parker plus dur et plus tourmenté encore que dans la version de Raimi. Un étudiant brillant qui s’en prend plein la gueule à l’école, et qui reste marqué par le décès de ses deux parents (« ton père était un homme très secret », dit Tante May (Sally Field) à Peter). Suite à un meurtre à Manhattan (probablement celui de l’oncle Ben, qui meurt souvent), Spiderman est suspecté et devient l’ennemi public numéro 1. Et là, bien sûr, un nouveau méchant arrive : le docteur Curt Connors, un scientifique qui en tentant de régénérer son bras, va muter en une créature monstrueuse qu’on imagine lézardesque. Ca devrait être bon !

Tintin, quand Spielberg adapte Hergé

N’étant pas un fan de la première heure de la BD d’Hergé, que je trouvais enfant un peu trop chiante (des bulles de 15 lignes, c’est assez indigeste, et Tintin n’est pas le plus charismatique et funky des héros), c’est surtout alléché par les critiques presque toutes dithyrambiques du nouvel opus de Spielberg, que je me suis déplacé et ai payé ma surtaxe 3D pour assister à ce film réalisé en motion capture. Si je n’ai pas été aussi enthousiasmé que les journalistes après avoir visionné ces nouvelles aventures du plus connu des reporters belges, il n’en demeure pas moins que ces « aventures de Tintin – le secret de la licorne » se regardent avec plaisir, et nous replongent agréablement en enfance.

Passée l’impression étrange de voir Tintin, Milou, Dupont et Dupond redesignés avec ce nouveau procédé technologique, la qualité de l’animation nous plonge rapidement dans l’action. Et de l’action, il va y’en avoir pendant l’heure quarante cinq que dure le film. Spielberg nous offre ici ce qu’il sait faire de mieux, un pur divertissement. On ne s’ennuie effectivement pas une seconde, et le réalisateur, bien qu’il ait pris quelques libertés avec le scénario en modifiant un peu les histoires originales d’Hergé, nous épargne les trop longues palabres inutiles. Les décors sont particulièrement bien réussis, que l’on soit en mer, dans le désert, dans le palais de Salad : on assiste à un mix entre l’univers à la Indy de Spielberg et celui d’Hergé visuellement très efficace.

Tintin, interprété par Jamie Bell (Billy Elliot), parvient même à devenir un personnage relativement charismatique et à exister devant celui qui est la véritable attraction du film : le capitaine Haddock aka Andy Serkis, l’acteur de performance capture par excellence à qui on doit le fantastique Gollum dans la trilogie du Seigneur des Anneaux, King Kong dans le remake de Peter Jackson, ou plus récemment César dans le prequel de la Planète des Singes.

Haddock est le personnage idéal pour Serkis, qui parvient à lui insuffler tout son charisme, et à nous montrer une fois de plus l’étendue de son talent. Heureusement, Spielberg a réussi à conserver dans le film ce qui fait tout le sel du capitaine, à savoir son alcoolisme invétéré, prétexte à de nombreuses séquences plutôt fun (ce qui n’était pas gagné vu le caractère familial de ce type de production).

Quant au grand méchant du film, Sakarine (Daniel Craig), il est plutôt convainquant, même si je reste sceptique face à la décision d’en faire le descendant de Rakham le rouge dans cette adaptation. Son affrontement avec le capitaine Haddock dans un flashback sur la Licorne est tout simplement époustouflant, et le duel final sur les docks d’un port à coup de grues, sabres et bouteilles de whisky, restera marquant même si on a tout de même l’impression, comme souvent avec Spielberg, que c’est too much.

Grâce à une réalisation enlevée, survitaminée et ultra-efficace, Spielberg parvient à revisiter Tintin en lui apportant sa touche. On pourra lui reprocher d’en faire trop, d’avoir pris de grosses libertés vis à vis des aventures originales d’Hergé et privilégié l’action au détriment de l’histoire, mais il aura le mérite d’avoir rendu des aventures de Tintin palpitantes, ce qui relève de l’exploit. Du bon gros divertissement efficace et bien foutu, et une 3D plutôt pas mal pour une fois. Finalement ça valait bien le déplacement.

Polisse, le film français de l’année

Polisse, avec deux s, pour ne pas le confondre avec le Police de Pialat, c’est le titre du dernier film de Maïwenn. Elle nous offre ici un grand film sur la police, et un grand film tout court. Maïwenn nous plonge dans l’univers de la BRP (la brigade de protection des mineurs) de Belleville, en interprétant une photographe qui se voit confier la mission de réaliser un reportage sur les femmes et les hommes qui travaillent au quotidien, dans des conditions difficiles, au service de la protection de l’enfance.

Dès la première scène, l’interrogatoire d’une fillette qui raconte que son père « lui gratte les fesses », on est saisi par le réalisme et la crudité des situations qui vont défiler. Porté par le jeu des acteurs, tous excellents, le force de Polisse tient dans le fait qu’on oublie vite qu’il s’agit d’une fiction, tant on se croirait dans un documentaire. Il faut dire que Maïwenn a précisément eu l’idée de faire ce film après avoir visionné un documentaire sur une BRP de Paris, et que son scénario, co-écrit par Emmanuelle Bercot qui joue également une des flics dans le film, s’inspire de faits réels : inceste, attouchements, enlèvement d’enfant, bébé mort né d’un viol sur mineure… mais on y voit aussi l’absence de moyens financiers et humains de cette brigade, le mépris de leurs collègues des stups ou de la crim vis-à-vis d’eux, et des scènes de la vie privée de chacun, qui participent toutes au réalisme du film.

Maïwenn parvient pourtant à éviter de rendre son sujet trop pesant en filmant également les moments de détente et de décompression, mais aussi les tensions entre les membres de cette brigade, qui tentent tant bien que mal de mener une vie « normale » en étant confrontés chaque jour au pire de la nature humaine. Par l’intermédiaire de son personnage, elle prend du recul avec son sujet, se posant la question de savoir si elle fait du misérabilisme. Dans une scène très forte, Joey Starr s’en prend effectivement violemment à son personnage à qui il reproche de ne s’attacher qu’à photographier les drames, les moments de cris et de larmes…  Mais l’humour est aussi très présent et vient frapper quand on ne s’y attend pas. Il permet au film de ne pas sombrer dans une ambiance trop pesante et contrebalance tous les drames que l’on voit défiler dans le commissariat. Seule réserve, sur l’utilité de la romance entre Maïwenn et le personnage de Joey Starr, qui n’apporte pas vraiment d’intérêt au film.

La justesse du jeu des acteurs et des dialogues est tout simplement bluffante. Impossible de les citer tous, mais on retiendra l’interprétation de Joey Starr, impressionnant en flic indigné, rongé par les drames personnels auxquels il assiste; celle de Marina Foïs, sèche tant dans son attitude que dans son corps qu’elle maltraite; de Karin Viard face à son divorce; ou encore de Sandrine Kiberlain, qui fait passer dans une ou deux scènes très courtes toute l’horreur et la détresse d’une mère confrontée à une situation des plus difficiles.

Polisse est un film vivant, parfois dérangeant, qui touche le spectateur en plein coeur, par son énergie, sa justesse, et son rythme. A voir, vraiment !

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