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Critique : « Gravity » d’Alfonso Cuaron

Image« Dans l’espace, personne ne vous entendra crier ». La punchline d’Alien de Ridley Scott aura également pu être apposée à l’affiche de Gravity, la nouvelle bombe du décidément très doué Alfonso Cuaron. Quelques années après s’être frotté au film d’anticipation avec l’excellent Les fils de l’homme, le metteur en scène mexicain nous offre tout simplement avec son dernier opus l’un des meilleurs longs métrages sur l’espace jamais réalisés. Pas étonnant qu’il fasse se déplacer les foules depuis sa sortie américaine il y a quelques semaines.

Le pitch tient en deux lignes : après un accident survenu lors d’une intervention sur un satellite, Ryan Stone (Sandra Bullock) une scientifique dont c’est le premier voyage dans l’espace et Matt Kowalski (George Clooney), un astronaute chevronné, se retrouvent seuls et livrés à eux-même dans l’univers. S’ensuit une heure trente de lutte contre la montre pour s’en sortir alors que toute communication avec Houston a été rompue. Pas facile quand on se retrouve entièrement démuni, à la dérive, à valser en apesanteur juste au dessus de notre belle planète bleue.

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Dans Gravity, le tour de force opéré par Alfonso Cuaron est avant tout visuel. On n’a simplement jamais vu ça au cinéma (vous pouvez d’ores et déjà mettre Appolo 13 aux oubliettes). La production du film aura duré en tout et pour tout 4 ans, et on comprend pourquoi, tant la 3D et les effets visuels ébouriffants contribuent à nous plonger au coeur de ce survival d’un nouveau genre. Ce cadre exceptionnel qu’est l’espace permet au réalisateur de nous offrir de longs plans séquences où la caméra virevolte autour de ses astronautes, eux-mêmes en train de tourner dans tous les sens alors que les débris fusent. L’apesanteur est filmée à la perfection et l’immersion est si totale qu’on a vraiment l’impression d’y être : les images de notre planète vue d’en haut sont simplement d’une beauté à couper le souffle.

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Dans le rôle principal, Sandra Bullock (qui revient en force depuis quelques mois) est convaincante en femme prête à tout pour s’en sortir, même si on regrettera un excès de sentimentalisme typique des grosses productions qui nous fait revivre son histoire personnelle dont finalement on se fout pas mal. Sa performance n’en reste pas moins à souligner, il faut dire qu’il n’est pas évident de faire passer des émotions dans l’espace étroit de son scaphandre, et que la valse chorégraphique à laquelle elle a dû se plier pendant des heures était probablement loin d’être évidente. Le résultat à l’image n’en est que plus crédible.

Heureusement que les blagues de George Clooney détendent un peu l’atmosphère pendant la première partie du film, car les épreuves qui attendent l’héroïne vont être terriblement angoissantes. Au coeur de cette histoire, c’est cette incroyable aventure au milieu de l’infini qui vous fera vibrer. Et rien ne sera épargné à cette héroïne en combinaison, dont la vie tient à maint et maint reprise à un fil ténu (au sens propre comme au figuré).

Impossible d’en dire plus sans trop en dévoiler, mais une chose est sure, si elle s’en sort, le docteur Stone aura « a hell of a story to tell ». Préparez-vous à vous rongez les ongles d’angoisse pendant ce baptême de l’espace ô combien éprouvant. Un spectacle terriblement oppressant, absolument hallucinant et époustouflant vous attend.

On en redemande !

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Critique : The Descendants

Rien de nouveau sous le soleil

Hawaï n’est pas le paradis qu’on imagine : le ciel, à l’image des buildings qui y ont poussé comme des champignons, est souvent gris. C’est l’envers de la carte postale que l’on découvre dans « The Descendants ». La vie n’y est pas toujours rose, on n’y fait pas que faire bronzette sur des plages sublimes un verre de Tequila sunrise à la main, on y travaille aussi. Trop, d’ailleurs, en ce qui concerne Matt King (George Clooney), un avocat qui voit sa vie bouleversée quand sa femme sombre dans le coma suite à un accident de hors bord.

Apprenant très vite qu’elle ne se réveillera pas, le workaholic va avoir la lourde tâche de prévenir ses proches et ses deux filles de 10 et 17 ans qu’il a toujours délaissées. Pour ajouter au drame, son aînée récupérée dans une private school de luxe lui révèle que son épouse mourante le trompait. Un choc de plus pour Matt et le point de départ à un voyage insolite à la recherche de cet amant mystérieux, qui sera aussi et surtout un moyen pour cet homme de souder ce qu’il reste de sa famille et enfin devenir un vrai père.

Cette adaptation d’un roman de Kaui Hart Hemmings permet à Alexander Payne de faire ce qu’il fait de mieux : croquer la nature humaine et celle des liens qui unissent les individus entre eux. Après l’amitié dans « Sideways », c’est le thème de la famille et de la descendance qu’il explore cette fois-ci. George Clooney est très bon dans un rôle d’anti-héros un peu pathétique, tout comme ses jeunes partenaire féminines (mention spéciale à Shailene Woodley, ado rebelle en pleine affirmation de soi).

Une famille formidable

Et pourtant le film déçoit. Le réalisateur emprunte un peu trop aux gimmicks de la comédie indépendante américaine pour parvenir être vraiment original. Le personnage de la plus jeune de ses filles à la langue bien pendue, Scottie, rappelle par exemple celui d’Abigail Breslin dans « Little Miss Sunshine » – qui déjà mettait en scène avant lui un road trip familial. Celui du petit-ami parfaitement débile de l’aînée apparaît complètement artificiel, utilisé comme simple ressort comique pour alléger l’atmosphère à l’exception d’une scène où on apprend que lui aussi a connu un drame.

Le rythme, trop mollasson, ne m’a pas embarqué dans cette histoire de rédemption somme toute très classique, dont l’intrigue secondaire sur les terres héritées à vendre ennuie carrément. Si certaines répliques sont assez efficaces, on sourit plus qu’on ne rit vraiment. Et, plus gênant, je n’ai pas été touché par les scènes plus « tragiques » que sont celles des adieux et du pardon. Sans doute parce que la morale très pudibonde du film en rajoute dans la dénonciation de l’adultère-qui-décidément-fait-vraiment-beaucoup-de-mal-à-tout-le-monde. (J’avoue avoir eu la malchance de voir le film en VF, ce qui n’aide pas.)

Bref, à part la très bonne performance d’un Clooney en tongs et chemise à fleurs, on ne retiendra pas forcément grand chose de « The Descendants ».