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Critique : « Django Unchained » de Quentin Tarantino

20366454.jpg-r_160_240-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxAprès avoir réécrit l’histoire à sa façon dans Inglourious Bastards, Quentin Tarantino renouvelle l’expérience avec un autre triste pan de notre passé et particulièrement des Etats-Unis, en abordant le thème de l’esclavage. L’histoire d’une revanche, celle de Django (Jamie Foxx), un esclave séparé de force de sa femme après une tentative d’évasion, dont la rencontre avec un chasseur de primes, Schultz (Christoph Waltz) va changer le destin. Un homme qui va le libérer après qu’il l’a aidé à retrouver trois malfrats dont la tête est mise à prix, et l’accompagner dans son projet visant à libérer sa femme, esclave appartenant à un vil cotonnier (Di Caprio) . C’est également pour Tarantino l’occasion de s’attaquer et de rendre hommage à un genre dont il a toujours été fan : le western spaghetti. Et avec quel talent !

Comme à son habitude, l’auteur de Pulp Fiction est allé puiser (piller pour ses détracteurs) dans de multiples références pour nous offrir une aventure de 2h45 où les genres se confondent (film d’action, western, buddy movie, love story) pendant laquelle on s’ennuie pas une seconde à la différence d’un The Master qui malgré sa maîtrise formelle n’évite pas l’ennui.

Enchaînant les séquences parfaitement dialoguées – une fois encore l’irrésistible Christoph Walz a été bien servi – et les scènes d’action avec une égale réussite, Quentin Tarantino orchestre un spectacle complètement jouissif et véritablement déchaîné. La violence est là encore, comme à l’accoutumée, omniprésente, mais l’amour aussi. Et bien que Broomhilda (la très belle Kerry Washington), la femme de Django, soit un peu en retrait, les retrouvailles entre l’esclave et sa « little troublemaker » ne peuvent que nous émouvoir. Est-il aussi besoin de préciser que la B.O. du film est encore une fois une véritable réussite et que Tarantino a le don de choisir une tracklist originale qui s’inscrit à merveille dans ce qu’il raconte ?

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Le film est également marqué par un humour ravageur qui permet à ses acteurs de s’en donner à coeur joie et de -il faut bien l’avouer – cabotiner un peu. Samuel L. Jackson est ainsi parfait en vieux majordome absolument ignoble, tout comme Leonardo DiCaprio qui trouve enfin un vrai rôle de méchant qui lui sied à ravir et lui permet d’exprimer tour à tour rage et folie. Django marque également la résurrection sur grand écran de Jamie Foxx, impeccable dans son rôle et d’une classe folle, qui se libère progressivement de ses chaînes au sens propre comme au figuré pour laisser à la fin exprimer toute sa rage dans une séquence d’anthologie. Le duo qu’il forme avec son mentor et libérateur King Schultz est lui aussi des plus réussis et l’alchimie entre ces deux personnages si différents fonctionnant à merveille.

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Django Unchained est aussi un film politique, qui malgré son caractère outrancier rappelle ce que fut l’esclavage, le sort réservé à ses victimes, et s’attaque au racisme virulent qui règnait et parfois règne toujours dans une partie des Etats-Unis (le Ku Klux Klan en prend d’ailleurs pour son grade dans une scène hilarante) – n’en déplaise à Spike Lee qui n’a même pas vu le film. De quoi ajouter une dimension supplémentaire à ce divertissement brillant et jubilatoire. Incontestablement l’un des films qui va marquer l’année. On en redemande !

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Quentin Tarantino aimerait travailler avec Johnny Depp

Johnny Depp

Alors que Quentin Tarantino s’apprête à sortir Django Unchained, son huitième film, dans les salles françaises, il pense déjà à l’avenir et à une possible association avec Johnny Depp.

Sur le plateau d’un talk show animé par Charlie Rose, le réalisateur américain a affirmé que l’idée de travailler avec cet acteur n’était pas nouvelle :

 

On adorerait travailler ensemble. Ça fait plusieurs années qu’on en parle, mais de temps en temps. Nous sommes évidemment fans l’un de l’autre. On a juste besoin de trouver le bon personnage. Il faut simplement que j’écrive le bon rôle pour lequel Johnny serait fait. Et s’il est d’accord, alors nous le ferons. Et ça sera magique !

Pour l’instant en tout cas, l’auteur de Pulp Fiction n’a pas encore franchi cette étape :

Je n’ai pas encore écrit le rôle parfait pour Johnny Depp. Peut-être qu’un jour je le ferai, peut-être que non. On verra.

Rien de certain, donc. En tout cas, nul doute que ça aurait de la gueule !

Michael Fassbender, l’acteur qui monte

the scarf of Shame

Tout le monde se l’arrache à Hollywood : Tarantino, Cronenberg, Scott… Son nom, Michael Fassbender.

L’acteur anglo-allemand de 34 ans débarque sur les écrans en ce mois de décembre dans deux films qui font déjà parler d’eux : Shame, de Steve McQueen, et A Dangerous Method de David Cronenberg.

L’occasion de revenir sur sa courte carrière déjà impressionnante, oscillant entre films grand public et d’auteur…

Après avoir joué de ses muscles dans le 300 de Zack Snyder, Fassbender est révélé par Hunger de Steve McQueen (le réalisateur anglais, pas l’acteur, forcément…). Il y est tout simplement impressionnant dans son interprétation du militant irlandais Bobby Sands, décédé en 1981 suite à une grève de la faim. Habité, amaigri, saisissant, la performance du comédien, comme le film, n’est pas passée inaperçue. Hunger décrochera en effet la Caméra d’or qui récompense le meilleur premier film au Festival de Cannes en 2008. « J’ai perdu 14 kilos et j’en pesais 59 à la fin. C’était la seule façon de le faire et d’être crédible », déclare-t-il à l’époque.

"J'ai faim ! "

Après le marquant survival Eden Lake, dans lequel il se retrouve pris au piège avec Kelly Reilly face à une bande d’ados psychopathes, il enchaîne l’année suivante avec Fish Tank, d’Andrea Arnold, où il séduit une adolescente perdue. Le film obtient le Prix du Jury, et le charisme animal et le sourire carnassier de Fassbender crèvent l’écran. La même année, il est choisi par Quentin Tarantino pour son Inglorious Basterds pour incarner un agent britannique se faisant passer pour un soldat allemand, langue qu’il parle d’ailleurs couramment. La scène dans laquelle il infiltre un bouge infesté d’allemand vous apprendra comment on commande correctement trois verres chez les Teutons.

"drei Gläser bitte"

Ensuite, sa carrière explose : jeune Magneto dans X-Men : le commencement au côté de James McAvoy, il retrouve Steve McQueen pour Shame, et se voit décerner le prix d’interprétation au festival de Venise en 2011 grâce à sa prestation. Un film qui sort le 7 décembre en France et devrait apparemment être tout aussi dérangeant, et cru. A New York, il y est question de l’affaire DSK de l’errance d’un trentenaire addict au sexe qui voit sa soeur débarquer dans son appartement.

Ses choix de carrière, il ne les fait pas en fonction du nombre de spectateurs potentiels. « Ce qui me préoccupe, c’est de raconter l’ambivalence que nous avons tous en nous. J’aime les personnages duels comme Magnéto, ou celui de Fish Tank. Etre au plus près des fissures de l’être humain. Dans un blockbuster ou dans un film intello » confie-t-il à GQ. Comédien intense et captivant, au charisme fou, pas étonnant qu’il soit en ce moment aussi recherché au ciné que le beau gosse Ryan Gosling.

Et on n’a pas fini de le voir, puisqu’il prêtera ses traits à Carl Jung dans le film « psycho » A Dangerous Method (sortie française le 21 décembre) qui s’intéresse à sa relation avec son mentor le Dr Sigmund Freund (Viggo Mortensen) et une patiente hystéro (Keira Knightley) qui va devenir sa maitresse. La suite, ce sera notamment en 2012 Prometheus de Ridley Scott, de retour à la SF, Haywire, un thriller de Steven Soderbergh, et on vient de l’annoncer comme Noé dans l’arche de Darren Aronosfsky, qui s’apprête à adapter sa propre bédé.