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Critique : « Lincoln » de Steven Spielberg

imagesChef d’oeuvre inoubliable ou pensum soporifique ? Voilà qui résume les deux opinions très tranchées que l’on peut lire ça et là chez la plupart des critiques ciné (qui sont tout de même pour la plupart dithyrambiques) à propos du 27ème long métrage de Steven Spielberg. Après avoir évoqué la Première Guerre Mondiale à travers les yeux d’un Cheval de Guerre, le réalisateur qu’on ne présente plus a cette fois-ci choisi de s’intéresser à l’un des présidents les plus emblématiques de son pays, Abraham Lincoln. Pour ma part, si cette évocation de l’abolition de l’esclavage au pays de l’oncle Sam n’est pas exempte de défauts, notamment dans l’académisme de la mise en scène et la longueur d’un récit souvent très (trop ?) technique, Spielberg parvient néanmoins à éviter la plupart des écueils des grands biopics et à aborder avec une sobriété qui lui est peu coutumière un épisode marquant de l’histoire des Etats-Unis.

« Biopic » est effectivement un terme trompeur, car le long métrage ne s’intéresse qu’aux derniers mois de la vie de Lincoln, dans la dernière phase de la Guerre de Sécession, et en particulier à son combat visant à mettre un terme à l’esclavage dans un pays déchiré entre le Nord et le Sud. Bien que Spielberg évoque aussi à travers quelques scènes la vie personnelle de ce grand politicien (le deuil de son jeune fils emporté par la maladie, et sa relation avec sa femme incarné par une Sally Field souvent au bord de l’hystérie), c’est bien avant tout autour d’une lutte politique que le récit gravite. Une lutte inspirée par un rêve que Lincoln fait au début du film, moteur d’un engagement sans faille et indéniablement courageux. Car c’est surtout la fin de la guerre que son peuple demande, bien plus qu’une abolition de l’esclavage que beaucoup considèrent à l’époque comme une hérésie.

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Néanmoins, alors qu’il aurait pu se contenter de négocier la paix, Lincoln, alors au faîte de sa popularité, va prendre tous les risques pour faire adopter par la chambre des représentant ce 13ème amendement à la Constitution américaine qui abolira l’esclavage et en affranchira toutes les victimes. A travers le script très dense de Tony Kushner, Spielberg choisit alors de nous dévoiler toutes les tractations et manoeuvres politiciennes (parfois à la limite de la corruption) mises en oeuvre pour arriver à ses fins. Tout est alors affaire de dialogues, au Parlement où les joutes oratoires font rage, ou dans ses couloirs et dans les antichambres de la Maison Blanche. A coup de saillies verbales et d’arguments, on assiste à un combat politique très intéressant quoique souvent très technique. Mais c’est là le mérite de Spielberg qui a fait le choix de la complexité et n’a pas sacrifié au grand divertissement comme il en a l’habitude, en évitant l’hagiographie pompeuse et larmoyante.

Pour ce faire, il a su s’offrir les services d’un casting de premier choix. Daniel Day Lewis, bien sûr, qui remplace Liam Neeson initialement prévu dans le rôle titre et qui non seulement est saisissant de ressemblance avec ce grand homme, mais parvient aussi à lui insuffler toute son humanité et sa détermination. Un rôle à oscar, comme on dit, qui pourrait lui valoir le troisième de sa carrière. Mais il ne faudrait pas oublier la prestation de Tommy Lee Jones, qui campe magnifiquement le parlementaire Républicain Thadeus Stevens, radicalement engagé pour l’égalité entre Blancs et Noirs, qui accepte de renoncer à la radicalité et de céder à quelques grands compromis afin de faire pencher la balance dans le camp abolitionniste. Probablement l’un des rôles les plus émouvants de sa longue carrière.

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Pour conclure, malgré des longueurs indéniables qui vaudront certainement à beaucoup un profond ennui (2 heures auraient probablement suffi), Lincoln n’en demeure pas moins un des meilleurs films historiques de son auteur qui aborde le thème du courage politique de façon assez brillante et avec une étonnante retenue.

 

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Le « Lincoln » de Steven Spielberg s’affiche

Alors qu’est récemment sorti l’improbable « Abraham Lincoln, chasseur de vampires », l’affiche de l’autre projet consacré au président américain, le biopic « Lincoln », vient de faire son apparition sur la toile.

Dans le rôle-titre de ce film signé Spielberg, un Daniel Day-Lewis à la ressemblance frappante avec son modèle. Sortie prévue dans les salles américaines en novembre…

 

« Cheval de guerre », un nouveau classique signé Spielberg

Steven Spielberg est décidément capable de tout. Quelques mois seulement après avoir sorti un « Tintin » tout numérique spectaculaire en trois dimensions dans lequel il explorait le champ du cinéma de demain, il effectue un vrai virage à 180 degrés en nous offrant un film à l’ancienne tout aussi marquant dans sa filmographie, déjà longue et bien remplie.

À y regarder de plus près, le phénomène n’est pas si surprenant. Il avait en effet déjà réussi l’exploit en 1993 de sortir coup sur coup deux classiques diamétralement opposés :« Jurassic Park » avec ses dinos de synthèse et son chef d’oeuvre en noir et blanc sur la Shoah, « La Liste de Shindler ».

Après un peu plus de 10 ans marqués par des films futuristes à gros budget utilisant les images de synthèse à gogo (« AI », « Minority Report », « La Guerre des Mondes »), « Cheval de guerre » apparaît comme un contre-pied à l’évolution de sa carrière et un retour aux sources pour le réalisateur. Spielberg revient ici à ses fondamentaux avec un mélo « old school » qu’il jure ne pas avoir retouchée numériquement. On y retrouve tout ce qui fait la force de son cinéma : maîtrise incontestable du storytelling avec une histoire universelle et puissante et ses thèmes fétiches que sont ceux de l’amitié, de la rébellion, du passage à l’âge adulte, de la guerre… Il est en cela, comme le disent les exégètes de l’oeuvre spielbergienne, un « film somme » qui cite et résume à lui seul l’ensemble de son oeuvre. Une sorte de mix entre « E.T. » et « Il faut sauver le soldat Ryan », pour faire court.

« Cheval de Guerre » est un conte adapté d’un roman jeunesse de Michael Morpurgo, qui tout comme « E.T. » raconte une histoire d’amitié extra-ordinaire. En l’occurrence celle d’un adolescent entêté, Albert (Jeremy Irvine) et de son cheval, Joey, que son père se retrouve contraint de vendre à l’armée en 1914 pour rembourser ses dettes. Une histoire dont la naïveté risque d’en agacer plus d’un qui critiqueront un excès de guimauve et de sentimentalisme, mais qui est après tout totalement « spielbergienne » et finit par emporter l’adhésion pour peu qu’on la regarde avec des yeux d’enfant.

C’est aussi une fresque épique qui réussit le pari d’évoquer la grande guerre en adoptant du début à la fin le point de vue de l’étalon (et non de son jeune premier maître), des contrées vertes du Devon aux champs de bataille de la Somme. Un parti pris audacieux puisque le cheval n’est pas connu pour être le plus expressif des animaux, mais pourtant réussi tant le réalisateur parvient à faire de Joey un véritable personnage qui suscite de vraies émotions.

On suit alors le chemin initiatique – voire chemin de croix tant il est assimilé à une figure christique – de ce cheval qui passe ainsi de maître en maître en faisant l’apprentissage de l’amitié, du labeur, de la guerre, de la bienveillance ou de la cruauté des hommes et de la mort de ses camarades. Un parcours qui donne également l’occasion à Spielberg de nous en mettre plein la vue : notamment pendant une scène de combat filmée au ras du sol ou dans une séquence magistrale et hallucinante où Joey s’enfuit, traverse une tranchée, pour se retrouver entravé dans des barbelés.

À travers cette épopée, il nous rappelle qu’il est un grand metteur en scène en signant des plans d’une grande inventivité, de véritables toiles de maître jouant superbement avec la lumière de Janusz Kaminski, la musique orchestrale de son compositeur fétiche John Williams, et les grands espaces. À ce titre, la dernière scène où Spielberg cite à la fois l’épilogue de ses « Aventuriers de l’arche perdue » et « Autant en emporte le vent », nous offre un sublime tableau en couleurs rouge et ocre et ombres chinoises qui devrait rester dans les mémoires. Un vibrant hommage aux grandes heures du Technicolor.

Tout n’est néanmoins pas réussi dans le film : certaines scènes sont de trop (la partie française avec Niels Arestrup notamment) et donnent parfois dans le cliché. On aimerait aussi que les Allemands parlent allemand et les Français français ce qui rendrait l’histoire plus crédible… Malgré ces quelques défauts, « Cheval de guerre » reste une belle et grande fresque historique au fort pouvoir évocateur, un conte à la fois intimiste et spectaculaire, étonnant et émouvant. Bref, Spielberg démontre une fois d’une plus qu’il fait partie des plus grands réalisateurs d’Hollywood, et livre un classique de plus à son public.

George Lucas persiste et signe : il est possible de survivre à une explosion nucléaire en se cachant dans un frigo !

Indiana Jones et le Royaume du frigo antiatomique

50/50 : c’est le titre d’une bonne comédie avec Seth Rogen et Joseph Gordon Levitt, mais ce sont aussi les chances de survie estimées par George Lucas pour un homme qui serait caché à l’intérieur d’un réfrigérateur pendant une explosion nucléaire.

Une référence à une désormais fameuse scène des dernières aventures d’Indy : « Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal » qui avait beaucoup fait jaser en 2008. Souvenez-vous : le célèbre archéologue interprété par Harrison Ford y avait la brillante idée de se protéger du souffle d’une explosion atomique imminente… en s’enfermant dans un frigo. La scène était tellement outrancière (pour certains irritante) que l’expression anglaise « nuke the fridge » a même remplacé le « jump the shark » d’Happy Days pour qualifier le moment précis où une histoire qui commence bien bascule dans la médiocrité la plus crasse.

Dans un article qui devrait paraître dans le New York Times, le producteur de la franchise George Lucas assume complètement. Il y insiste sur le fait que, si ça s’était vraiment produit, le héros aurait eu 50% de chance de s’en sortir. Le réalisateur, Steven Spielberg, n’y croyait pas, et a cédé devant le gros dossier scientifique préparé par Lucas pour le convaincre.

In fact, it was Spielberg who “didn’t believe” the scene. In response to Spielberg’s fears, Lucas put together a whole nuking-the-fridge dossier. It was about six inches thick, he indicated with his hands. Lucas said that if the refrigerator were lead-lined, and if Indy didn’t break his neck when the fridge crashed to earth, and if he were able to get the door open, he could, in fact, survive. “The odds of surviving that refrigerator — from a lot of scientists — are about 50-50,” Lucas said.

Le « débat » qui avait animé les geeks devrait donc reprendre. En tout cas, scientifiquement prouvé ou pas, on reste en droit de penser que cette scène était et reste particulièrement débile, bien que marrante et magistrale dans l’art du nawak, il faut bien l’avouer.

À voir ou revoir ci-dessous :

via Slashfilm.com

Revue de web : Les Oscars 2011 sous influence européenne

Déjà acclamé par les critiques new yorkais qui lui ont décerné leur prix du meilleur film, « The Artist » de Michel Hazanavicius fait déjà figure de favori avec 6 nominations aux prochains Golden Globes. Un succès outre-atlantique de bonne augure pour nos frenchies aux prochains Oscars.

Sur le site du magazine Variety, le journaliste américain Peter Debruge jette un oeil sur les films qui vont faire la cérémonie à venir et parle de l’influence très européenne qui marque les favoris pressentis pour 2011. Parmi les prétendants en lice pour la statuette dorée, il évoque notamment notre film français The Artist, mais aussi d’autres oeuvres qui prennent racine en Europe comme Tintin, Hugo Cabret ou encore le très attendu Millenium, qui a ravi les critiques américains.

Un peu de chauvinisme, ça fait toujours plaisir, alors voici une traduction approximative de l’article en question (à lire en V.O. ici) :
Un an après avoir leur levé leur chapeau pour le Discours d’un Roi, nos cousins européens semblent avoir une plus grande présence que jamais dans les films les plus célébrés de cette année. Mais, contrairement au « meilleur film de 2010 », qui mariait les talents britannique et australiens, beaucoup des prétendants au titre pour l’année 2011 montrent un inextricable mélange entre la sensibilité américaine et celle du vieux continent, que l’on a vu partout : de sujets européens (« Les aventures de Tintin »), à des lieux de tournage européens (« Minuit à Paris »), en passant par des réalisateurs européens (Roman Polanski).

Les deux films qui incarnent le plus cette tendance sont sans doute « Hugo Cabret »de Martin Scorcese et « The Artist » de Michel Hazanavicius, deux hommages aux premiers jours du 7ème art livrés par des réalisateurs ayant chacun placé leur film dans le continent d’en face. Dans « Hugo », l’américain Martin Scorcese recrée de toute pièce une gare parisienne (Montparnasse) vers 1931 pour illustrer une histoire mystérieuse mettant en scène George Méliès, l’inventeur des effets spéciaux visuels et l’un des premiers à avoir utilisé le film comme moyen de raconter des histoires. Alors que Scorcese tournait en Europe, Hazanavicius voyageait jusqu’à Los Angeles pour fabriquer son hommage en noir et blanc à la grande époque du muet à Hollywood, intégrant à son casting des acteurs américains comme John Goodman ou Penelope Ann Miller pour jouer au côté de la star française Jean Dujardin.

« Mon idée était de faire un vrai film de réalisateur en hommage aux cinéastes qui m’ont inspiré, notamment John Ford, Tod Browning, Murnau et Josef Von Sternberg », explique Hazanavicius. Dans cette liste, les deux derniers étaient des européens qui ont trouvé du travail à Hollywood, une tradition qui perdure aujourd’hui. Né en France, Roman Polanski continue à raconter des histoires américaines de l’étranger, après « the Ghost Writer », « Carnage » se déroule dans un appartement de Manhattan. L’artiste londonien Steve Mcqueen a lui plongé encore plus profondément dans la psyché des habitants solitaires de « Gotham » avec « Shame ». […]

Alors que les Européens rendent hommage au cinéma américain, les réalisateurs américains se sont occupés quant à eux de mettre leur empreinte sur des histoires venues d’Europe. En se doutant que se cachait une mine d’or derrière le best-seller suédois de Stieg Larsson « Millénium : Les hommes qui n’aimaient pas les femmes » (déjà adapté dans son pays d’origine), Sony a engagé David Fincher pour qu’il mette sa patte sombre sur cette oeuvre. Et Steven Spielberg revient avec deux projets, chacun adaptés d’oeuvres européennes. « Cheval de guerre », basé sur le conte d’un étalon de la première guerre mondiale écrit par le romancier britannique Michael Morpurgo, et « Les aventures de Tintin », qui donnent au héros le plus populaire de la BD belge la chance de figurer dans un blockbuster hollywoodien.

En filmant frontalement des sujets tels que l’antisémitisme, la misogynie et le viol, le thriller de Fincher met en lumière l’Europe de façon critique. Pas tellement Woody Allen et son « Minuit à Paris », qui montre la longue l’histoire d’amour de l’Amérique avec la ville lumière, en poursuivant son voyage dans les villes européennes (comme dans « Match Point », « Vicky Cristina Barcelona », etc.). Entre autres choses, le film souligne le fait que de nombreux artistes américains majeurs – Ernest Hemingway, F. Scott Fitzgerald et Gertrude Stein figurent tous dans ce conte où l’on remonte le temps – ont trouvé leur plus grande inspiration et leur acceptation en Europe. Aucun metteur en scène n’incarne plus clairement New York qu’Allen, qui n’a pas gagné un seul oscar en 25 ans, et pourtant son coeur a passé presque toute la dernière décennie à l’étranger.

Enfin, ce n’est pas pour rien que Terrence Malick, que certains considèrent comme le plus grand poète du cinéma américain, a pris une approche décidément très européenne pour « The Tree of Life », qui tourne autour de sa petite ville du Texas et ramène à la surface la perte de son frère dans l’examen très personnel de la fragilité et du miracle de la vie. C’est un film qui n’aurait pu exister si le chemin n’en avait pas été tracé par des auteurs d’outre-atlantique tels que Stanley Kubrick et Michelangelo Antonioni. Dans cette lignée, l’influence européenne ne surprendra personne chez Alexander Payne, le réalisateur de « The Descendants ». « Quand on a affaire à des réalisateurs auteurs, comme Scorcese et Malick, n’est-ce pas toujours le cas ? »


Tintin, quand Spielberg adapte Hergé

N’étant pas un fan de la première heure de la BD d’Hergé, que je trouvais enfant un peu trop chiante (des bulles de 15 lignes, c’est assez indigeste, et Tintin n’est pas le plus charismatique et funky des héros), c’est surtout alléché par les critiques presque toutes dithyrambiques du nouvel opus de Spielberg, que je me suis déplacé et ai payé ma surtaxe 3D pour assister à ce film réalisé en motion capture. Si je n’ai pas été aussi enthousiasmé que les journalistes après avoir visionné ces nouvelles aventures du plus connu des reporters belges, il n’en demeure pas moins que ces « aventures de Tintin – le secret de la licorne » se regardent avec plaisir, et nous replongent agréablement en enfance.

Passée l’impression étrange de voir Tintin, Milou, Dupont et Dupond redesignés avec ce nouveau procédé technologique, la qualité de l’animation nous plonge rapidement dans l’action. Et de l’action, il va y’en avoir pendant l’heure quarante cinq que dure le film. Spielberg nous offre ici ce qu’il sait faire de mieux, un pur divertissement. On ne s’ennuie effectivement pas une seconde, et le réalisateur, bien qu’il ait pris quelques libertés avec le scénario en modifiant un peu les histoires originales d’Hergé, nous épargne les trop longues palabres inutiles. Les décors sont particulièrement bien réussis, que l’on soit en mer, dans le désert, dans le palais de Salad : on assiste à un mix entre l’univers à la Indy de Spielberg et celui d’Hergé visuellement très efficace.

Tintin, interprété par Jamie Bell (Billy Elliot), parvient même à devenir un personnage relativement charismatique et à exister devant celui qui est la véritable attraction du film : le capitaine Haddock aka Andy Serkis, l’acteur de performance capture par excellence à qui on doit le fantastique Gollum dans la trilogie du Seigneur des Anneaux, King Kong dans le remake de Peter Jackson, ou plus récemment César dans le prequel de la Planète des Singes.

Haddock est le personnage idéal pour Serkis, qui parvient à lui insuffler tout son charisme, et à nous montrer une fois de plus l’étendue de son talent. Heureusement, Spielberg a réussi à conserver dans le film ce qui fait tout le sel du capitaine, à savoir son alcoolisme invétéré, prétexte à de nombreuses séquences plutôt fun (ce qui n’était pas gagné vu le caractère familial de ce type de production).

Quant au grand méchant du film, Sakarine (Daniel Craig), il est plutôt convainquant, même si je reste sceptique face à la décision d’en faire le descendant de Rakham le rouge dans cette adaptation. Son affrontement avec le capitaine Haddock dans un flashback sur la Licorne est tout simplement époustouflant, et le duel final sur les docks d’un port à coup de grues, sabres et bouteilles de whisky, restera marquant même si on a tout de même l’impression, comme souvent avec Spielberg, que c’est too much.

Grâce à une réalisation enlevée, survitaminée et ultra-efficace, Spielberg parvient à revisiter Tintin en lui apportant sa touche. On pourra lui reprocher d’en faire trop, d’avoir pris de grosses libertés vis à vis des aventures originales d’Hergé et privilégié l’action au détriment de l’histoire, mais il aura le mérite d’avoir rendu des aventures de Tintin palpitantes, ce qui relève de l’exploit. Du bon gros divertissement efficace et bien foutu, et une 3D plutôt pas mal pour une fois. Finalement ça valait bien le déplacement.